Le jour où la France a renoncé à sa Justice

16/03/2015 Poil Aucun commentaire

C’est donc une grande première dans l’histoire de la justice Française.

Aujourd’hui a marqué la première censure administrative de plusieurs sites web sans décision préalable d’un juge. Cette décision est le fruit des nouvelles mesures votées par l’Assemblée Nationale à la suite des menaces terroristes fin 2014 et accéléré par les récents événements sur le territoire Français.

Une grande première qui laisse présager le pire

On s’y attendait un peu, les libertés individuelles prennent à nouveau un bon coup de rabot avec cette nouvelle loi.

Bernard Cazeneuve a beau avoir promis l’inverse, le blocage du site islam-news.info n’a rien d’un blocage “limité au strict nécessaire”. Celui-ci ne faisant visiblement pas appel à des attentats ou à une quelconque menace.

Quand bien même la menace aurait existé, la France aurait du, comme toute grande démocratie, faire confiance à sa justice, et non pas à une autorité indépendante pour juger de l’illégalité de ce site. En disposant de ce nouvel arsenal judiciaire, l’État Français montre qu’il pourra à nouveau ce servir de ce type de technique pour bloquer à nouveau, et ce sans jugement préalable, le site d’un opposant politique, d’un groupe de soutien à un mouvement minoritaire …

Vers un Etat du contrôle ?

En utilisant ce genre de technique et s’assoyant sur ce qui fait la force d’un Etat de droit, la France s’associe aux méthodes des gouvernements lybiens (déjà bien aidé à l’époque par la France), turcs ou chinois en ne proposant potentiellement que “l’acceptable” à ses citoyens.

Les limites entre censure modérée et une certaine forme de totalitarisme de la pensée se réduisent chaque jour avec ce genre de mesure mise en application pour des blocages peu pertinents et dangereux pour la liberté d’expression, de s’informer et de débattre.

La menace pédophile ou terroriste ouvre la boite de Pandore (5 ans déjà) à l’heure où l’ensemble des citoyens demande chaque jour plus de transparence et plus de libertés. Pourtant, chaque jour, c’est à son droit de réfléchir qu’on s’attaque en lui disant ce qui lui est permis de faire, de lire, ou de penser. C’est cette forme de menace, qui représente la vraie victoire des terroristes, qu’il faut vaincre et combattre à chaque seconde.

/-)

Poil

Pourquoi veulent-ils tout savoir sur notre santé ?

05/10/2014 Poil un commentaire

Doctissimo peut se faire du soucis !

Quelques années après Google, quelques semaines après qu’Apple ait ré-affirmé sa volonté de tout connaître de l’état de santé de ses clients, voici que Facebook s’apprête à lancer son service de “médecine à distance”.

Créer une immense base de données d’utilisateurs malades.

Il s’agit pour Facebook de lancer des services communautaires (à l’instar donc de Doctissimo) pour que les internautes échangent à propos de leur état de santé et puissent trouver une solution ou échanger sur les traitements curatifs ou palliatifs de leur soucis. Comme tous les grands acteurs d’Internet, l’objectif officiel est donc d’améliorer la vie des utilisateurs et les aider à aller mieux et / ou traverser une maladie en se sentant soutenu par des personnes qui souffrent des mêmes maux que l’utilisateur. L’objectif de ce service est de poursuivre les initiatives lancées par des services tels que “Patientslikeme“) ou encore le statut de donneur d’organe sur Facebook.

Également atteint du complexe de Dieu, Google a crée il y a un peu plus d’un an Calico, entreprise au budget de 50 milliards de dollars visant à prévenir de la vieillesse et bénéficiant des meilleurs chercheurs de la planète.

Monétiser nos données médicales après avoir monétisées les données “civiles”.

L’arrivée de ces services correspond aux avancées sociologiques et technologiques réalisées ces dernières années : le lancement des objets connectés, l’essor des smartphones, couplés au succès colossal des réseaux sociaux permet aux entreprises de collecter, trier, analyser et surtout revendre ces données à prix d’or aux mutuelles et autres compagnies d’assurance qui vont pouvoir réaliser un tri toujours plus précis de leurs clients et ainsi leur imposer de nouvelles exclusions, surprimes etc…

Apple révélait par exemple être en pourparlers avec deux mutuelles américaines pour commercialiser les données obtenues via son application “Health”. Toutes les données collectées seraient ensuite, donc, revendues à ces groupes qui pourraient tout savoir des habitudes de déplacement, de pratiques physiques, de consommation de tabac voir de caféine.

L’objectif ultime étant de permettre aux grandes marques de pouvoir séquencer l’Adn de chaque homme et femme pour proposer des produits et des services adaptés à chaque utilisateur.

Pour Facebook, le but est similaire via une approche plus proche de celle de Google à l’époque de Google Health, flop majeur de la marque, qui a fermé en 2013 suite à un nombre d’utilisateurs trop restreint.

Faut-il craindre une dérive de la part des firmes concernés ?

Bien évidemment oui. Les entreprises comme Google, Facebook et Apple sont réputées pour ne pas être vraiment préoccupées par les problématiques de vies privées (voir ici, ou ). Cette nouvelle étape franchit un nouveau pas dans l’intrusion de la technologie dans nos vies et leur impact en est énorme :

- Il permet d’un côté de donner à l’utilisateur un meilleur “style de vie”, encore faut-il savoir en quoi ces groupes détiennent la définition d’un “meilleur style de vie”.

- Il donne accès à des données ultra-personnelles à titre gratuit à des entreprises qui le revendront à prix d’or à d’autres entreprises qui pourront segmenter leurs offres par rapport à l’ADN et les statistiques que nous renverrons via les montres connectées et autres smartphone.

Il convient donc d’être très prudent quant à l’utilisation de ceux-ci et bien sur être conscient que “Si c’est gratuit, c’est vous le produit“.

/-)

Poil

2 ans plus tard..

24/09/2014 Poil 2 commentaires

Deux ans plus tard, rien n’a changé… ou si peu… en pire.

Du côté d’Internet, les récents débats ont montré que rien n’avait évolué dans les têtes et les pensées de nos chers dirigeants. La parodie de débat ayant eu lieu à l’Assemblée Nationale il y a quelques jours pour l’adoption d’une énième loi anti-terroriste en a été l’image parfaite. Les politiques ont chaque jour un peu plus peur de ce qui pourrait arriver s’ils n’arrivent pas à mettre la main sur un média à qui il reste un bout d’éthique et toujours peu contrôlable.

La peur, les terroristes, l’intangible sont autant d’arguments matraqués à longueur de journée pour continuer de faire croire ou essayer de faire croire aux gens que le danger est à nos portes, mais non, qu’on a pas peur, mais quand même un peu en fait.

Internet est devenu, encore un peu plus ces deux dernières années en raison des printemps arabes, un immense camp de révolutionnaires, parfois terroristes, qu’il faudra d’une manière ou d’une autre mater. Si le juge est trop lent, tant pis, on s’en passera. Si les autorités administratives ont déjà montré leur haut degré d’inutilité avec Hadopi, tant pis, on recommence.

Après avoir vendu des logiciels de surveillance à Kadhafi, la France “minitelise” son Internet en prévoyant le filtrage des sites web non compatibles avec le “Monde Libre“. Demain, ce seront les opposants politiques, les réseaux sociaux et les blogs qu’ils fermeront.

Toujours en France, après les USA et d’autres pays Anglo-saxons, on est en train de clouer les dernières planches qui empêchaient de déclarer la mort de la neutralité du net. L’arrivée de Netflix, les opportunités énormes économiquement parlant, et à court terme, pour les Etats et les FAI sont tels que la neutralité du net sera quelque chose que nous trouverons dans nos livres d’histoire dans quelques années. Pour mieux comprendre, et pour les mecs bilingues, le très bon article du washingtonpost à consulter ici : http://www.washingtonpost.com/blogs/the-switch/wp/2014/02/23/comcasts-deal-with-netflix-makes-network-neutrality-obsolete/

Base de l’Internet, la neutralité du réseau est sa raison d’être. Ne privilégier aucun contenu, ne pas dégrader le service, mettre tout le monde a égalité sur le plan technique était la promesse du Web. Celle-ci aura tenu une vingtaine d’années même si, il faut bien l’avouer, ces dernières années sentaient un peu le souffre.

Netflix propose en effet aux FAI de privilégier son flux afin d’apporter un confort d’utilisation optimal à ses clients. A priori c’est effectivement bien nécessaire. Ce scandale, qui plus est pour une entreprise non Française et qui ne paiera pas d’impôts en France sur de l’activité réalisée en France, est l’aboutissement de près de 10 années d’inaction totale et de malveillance de la part des députés européens, et Français, qui ont toujours laissé la porte ouverte à ce genre de dérives et qui ne feront, c’est quasiment certain, plus rien pour l’arrêter maintenant.

Dans quelques mois/années, nous verrons fleurir les premiers forfaits “à la carte”, avec des plafonds en téléchargement, comme chez les Belges, des bridages en upload, des services supplémentaires à la carte (P2P, accès au protocole Torrent…) pour mieux segmenter et au final mieux faire cracher le pigeon client qui voudra avoir accès à son service “comme avant”.

Enfin, la prise de contrôle totale des grands acteurs du Net et la bulle ressuscitée d’Internet ne doit pas nous faire oublier quelque chose : les intérêts financiers ont pris le contrôle depuis trop longtemps déjà sur l’auto-régulation du Net et celles-ci se situent bien au dessus des lois. D’un éco-système sain et peu monétisé, il est devenu en quelques années (pas seulement deux) un véritable centre commercial et une machine à cash pour quelques grands acteurs écrasant de leurs poids les autres :

- Amazon : qui grâce à son dumping fiscal, la bienveillance de ces investisseurs (pour le moment), et une offre commerciale ultra agressive, a presque réussi à tuer toute la concurrence sur la distribution de produits physiques, et bientôt immatériels

- Google : qui grâce à son moteur de recherches à réussi à collecter une quantité d’informations infinitésimale sur nos habitudes, notre manière d’être et de consommer de manière à nous délivrer le bon message au bon moment.

- Facebook : qui, dans le même esprit, a réussi de faire un service gratuit, une formidable base de données où les gens sont consentants pour offrir leurs vies à des serveurs directement reliés à sa régie publicitaire et aux services de renseignements (au moins américain).

Pour finir sur une note plus enchanteresse, Internet est toujours plus profond et un véritable esprit de partage et communautaire continue d’exister, les forums, les trackers privés, le P2P sont toujours aussi actifs, et surtout, mon blog chez Owni n’a pas disparu. Je m’excuse pour l’absence d’images sur les anciens articles, elles ont disparu lors de la migration des articles depuis mon site (décédé depuis) chez Owni.

J’espère pouvoir écrire (plus heureusement) très bientôt !

Poil

/-)

Le DDOS, nouvel outil de contestation ?

22/01/2012 Poil Aucun commentaire

C’est officiel, la brigade Hadopi est en marche et plus rien ne va l’arreter.

Après avoir demandé quelques centaines d’adresses mails aux différents fournisseurs d’accès à Internet (qui les auraient tous fournis sans broncher à l’exception de quelques rénégats…), la Haute Autorité va prendre un rythme de croisière pour atteindre jusqu’à 150 000 adresses IP par jour !

Si l’on rit déjà de ce nouveau coup d’épée dans l’eau, grâce aux dizaines d’outils qui ont déjà vus le jour pour éviter toute mauvaise surprise, à base de Seedfuck, de ftp, de megaupload ou bien de VPN, on constate depuis quelques semaine sur les forums français et étrangers une radicalisation des “Anti-anti-liberté”.

Conçu il y près de 40 ans, le réseau des réseaux n’a d’autres vocations que l’échange d’informations, d’idées, de savoir. Dès lors qu’il s’agit de filtrer ce contenu, de toucher à la neutralité du Web, quelques intégristes (dans le bon sens du terme) se rebellent et souhaitent que leurs revendications soient entendus. Malheureusement, ce n’est pas par la voie parlementaire que celle-ci a été entendue, certains accords se faisant dans le plus grand secret, les autres étant tout aussi écrits d’avance.

Ce fût le cas pour Hadopi, donc, et Loopsi, et bientôt la loi sur la neutralité du net.

Pour bien comprendre, il est nécéssaire de faire un rappel sur tous ces termes techniques, barbares et moches !

Hadopi sanctionne le défaut de sécurisation de la ligne Internet : Si votre adresse ip (votre adresse “Internet”) est “flashée” sur un réseau P2P (emule ou bitorrent, limewire, ou kazaa pour les plus anciens) , TMG (Trident Media Guard, société qui a pour actionnaire Thierry Lermitte, merci à lui) relève votre IP et l’envoie à Hadopi, sans aucune vérification de faux positif, d’erreur.

Hadopi, la Haute Autorité, vous avertit une première fois par mail pour vous dire que c’est pas très sympa de tuer des bébés phoques et vous place sur une liste “grise” pendant quelques mois. Dès lors, si par malheur vous êtes reflashé, vil garnement que vous êtes, Hadopi va user son plus beau stylo pour vous envoyer un courrier avec Accusé de Réception en vous disant qu’à la fin c’est vraiment pas sympa de télécharger.

Rebelle que vous êtes, vous êtes flashés une troisième fois et la, c’est le drame. Votre connexion Internet est coupée, adieu recherche d’emploi, correspondances, informations etc … pendant un an (au maximum) vous allés devoir payer votre abonnement dans le vide + (et c’est le deuxième effet kiss cool) éventuellement une comparution au tribunal pour délit de contrefaçon (passible de 300 000 euros d’amende + 3 ans de prison). Vous ne disposez de défenses que lorsque votre ligne est coupée, naturellement.

On se dit alors que les Fournisseurs d’accès à Internet se doivent de protéger leurs clients. Que Nenni ! Orange a annoncé collaborer gratuitement avec Hadopi (on s’en étonne) et fournir les noms qui correspondent aux IP sans frais. Sfr a imité Orange (on s’en étonne²) et les autres, à priori n’ont pas bien le choix. La carotte, c’est, d’après les dernières rumeurs, des avantages à négocier lors de la prochaine discussion sur la loi concernant la neutralité du net.

Premièrement, comment peut-on parler de neutralité lorsque la loi vient y mettre le nez dedans. La neutralité du net, c’est que tous les flux (http, ftp, mail, …) circulent sans que personne n’intervienne pour privilégier un type de contenu, ni un site web, ni un service. Devant l’importance des enjeux économiques, les opérateurs télécom (Orange, Bouygues et Sfr), ont décidés d’interdire purement et simplement l’utilisation d’Internet pour certaines choses contraires au “Fair-use”. Il vous est en effet interdit d’utiliser le Peer 2 Peer, la Voip par exemple avec votre forfait faussement illimité (en réalité à 512 mo voir 2 go par mois). En gros, on vous dit ce que vous avez le droit de faire avec votre forfait illimité Internet. Un comble ! Et en plus on vous fait payer en option les mails ! C’est vrai que ce n’est pas Internet…

Vivendi vous propose même un accès Internet…. pour deux sites web !! En promouvant la liberté ! Elle est pas belle la vie ?

Ces mêmes groupes étant présents sur l’Internet, le “vrai”, celui qui passe par les modems et pas cette 3g pitoyable, ils souhaiteraient réussir le même coup, en incluant d’autres facteurs. Orange s’est associé recemment à Deezer pour promouvoir l’offre légale pour écouter de la musique. On imagine très justement que l’accord secret dont Mitterand a parlé la semaine dernière est destiné à privilégier ces plates formes, en attribuant moins d’importances aux autres formes d’utilisation de la bande passante (type P2P ou réseau Torrent (également utilisé pour les jeux vidéos)), pour proposer un service parfait aux utilisateurs de Deezer.

Devant ces insultes à répétitions, les Internautes ont pris le problème à bras le corps. Représentés par différents groupes, tels la Quadrature du Net, la FDN, Numerama, voir le Parti Pirate (et bien d’autres !), ceux-ci ont commencé à structurer et à parler d’une même voix. Pris pour des moins que rien, pédophiles, terroristes, ceux-ci se sont donc radicalisés.

Si Internet devient la poubelle de l’histoire, elle va devenir également un lieu de “Cyber-Guerre”. C’est donc la qu’intervient LOIC, 4chan et les gens énérvés !

Qui est Loic, qu’est ce que 4chan ?

Loic est l’acronyme pour Low Orbit Ion Canon. Rassurez-vous, rien de tout cela n’est “réel”. Loic est destiné à casser du site ! En d’autres termes, ce programme, en téléchargement libre sur tous les bons sites, vous propose, de chez vous, d’inonder un site web par Deni Of Service (les fameuses attaques DDOS). Ces attaques DDOS, lorsqu’elles sont menées en raid, mettent un site hors service en quelques minutes (pour les moins protégés), à quelques jours. La Riaa (syndicat des maisons de disques) et la MPAA en ont fait les frais il y a quelques jours, d’autres raids auront lieu d’ici le 5 novembre. Ceux ci sont organisés par la communauté Anonymous de 4chan, un “board” borderline et constitué de personnes fatigués de passer pour des crétins.

Si les attaques DDOS ne sont pas nouvelles, elles n’en restent pas moins interdites fermement par la loi. Utilisées par les maisons de disques elles mêmes pour mettre hors services quelques sites quelques heures par le biais d’entreprises (Indiennes dans ce cas) peu scrupuleuses ou via l’utilisation de PC zombies, ces attaques peuvent créer des dégats importants sur les sites visés.

Devant l’impasse parlementaire, l’absence de raison de la part de groupes peu raisonnables (des deux côtés), devant l’absence d’intelligence des politiques, des lobbys (qui n’hésitent pas à demander la censure de Wikileaks, groupe de terroristes également), qui travaillent toujours moins et qui demandent toujours plus. Devant un problème bien plus grave que celui du téléchargement de musique ou de films, devant la menace de nos libertés, une fois de plus, dans l’inconscience générale et la complaisance des médias traditionnels, Loic est le seul moyen de protestation plus ou moins efficace, mais visible (puisque maintenant, quand il y a des grèves en France, on ne s’en rend même plus compte)…

Être raisonnable est une vertu, être patient en est une autre, mais il arrive un stade où même la plus patiente des personnes doit se rebeller et montrer qu’elle existe. Aujourd’hui, en tant qu’Internaute, en tant qu’être humain, vous êtes concernés par ces problèmes du Net, vous êtes concernés par la disparition continue de vos libertés et par la montée progressive d’un régime qui n’a cure des plaintes de ces concitoyens.

Pour finir avec ce long coup de gueule, cette phrase de Kennedy pour bien résumer la situation actuelle.

Ceux qui rendent les révolutions pacifiques impossibles rendent les révolutions violentes inévitables“…

/-)

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Nikba, halal et Identité nationale

21/03/2010 Poil Aucun commentaire

Il n’y en aura eu que pour ces mots ces dernières semaines.

Si tous les autres problèmes sont passés au second plan (on pense à l’Acta, on pense à la Crise financière et même à la Grippe A!!), un autre sera passé devant tous les autres. Celui de l’Identité Nationale.

Initié par Eric Besson il y a quelques mois à grands coups de 2.0 (un forum vous vous rendez compte), le débat sur l’identité nationale a largement dévié sur un autre. Celui de l’intégration des minorités.

1- Le débat sur l’identité nationale

Véritable Sketch et parodie, ce “débat” modéré par des équipes gouvernementales a toutefois été victime de son succès. En effet, très rapidement, ces mêmes équipes se sont retrouvées surchargées de travail à tel point que les participants se sont crus censurés, le contenu de leurs productions était en effet certainement “dérangeant” vis à vis de l’UMP qui était accusée d’héberger du racisme. Le Front National a rapidement repris le flambeau en ouvrant à son tour un forum “libre et ou l’on pouvait dire ce qu’on veut”. Evidemment l’identité nationale en à pris un bon coup, tout comme les relations entre communautés qui se sont enrhumées. Ce coup de froid, un peu à l’image de l’hiver qui dure, il n’est jamais passé…

Très vite de nouvelles polémiques sont venues enfler le fameux débat et la Suisse nous a rappelé que le problème n’était pas franco-français mais un véritable problème à l’échelle européenne voir, aujourd’hui, mondial.

A l’heure ou les ethnies se brassent et les frontières tombent, il devient difficile pour un peuple d’avoir une “identité”. Même si en 98 on nous vendait le black blanc beur comme symbole d’une intégration réussie entre tous ceux qui ont construit la France, le Front National passait au 2ème tour des élections présidentielles 4 ans plus tard…

2- Le référendum Suisse ou “d’où partit le scandale” ? 

La Suisse donc, où le “scandale” des minarets a fait parler de lui la première fois en Europe. En effet, devant la “prolifération” (4 en tout et pour tout en Suisse !) des minarets et les vagues de populisme appuyé par une droite assez nationaliste en quête de voix pour les futures échéances électorales, nos amis helvètes ont demandé par référendum si oui ou non la construction de nouveaux minarets devait être interdite.

Résultat sans appel, 57 % des suisses votent oui et le monde Musulman crie à l’injustice. Très vite les pays arabes dénoncent la “disparition de la pluralité“, “une humiliation“, et même la France s’en va en guerre contre tous ces racistes de Suisses ! “Le Vote de la Honte” titrera Libération, la gauche fera passer le monde musulman pour “un bouc-émissaire” et Bernard Kouchner obtiendra le Grand Prix de la Démagogie en parlant d’”oppression de religion”.

Cette démagogie, aussi puante le racisme, qui est aujourd’hui la cause de tous les maux. Pendant longtemps on a fait faire aux immigrés, dont nous sommes tous issus, le travail “de sous-fifre”, aujourd’hui encore (passez aux Champs Elysées à 8h le matin pour voir qui nettoie le sol) et on dirait qu’en contrepartie, totalement schizophrènes et pour se faire pardonner il faudrait ne plus jamais dire non, ne plus jamais les froisser.

3- Les burgers Halal ou “Comment profiter de la Hype ?” 

Dernier exemple en date, les sandwiches halals chez Quick. Véritable scandale morale, mais véritable aubaine commerciale, Quick s’est offert la plus belle des publicités virales depuis bien longtemps. Mais à quel prix ?

Si la France n’a jamais été autant divisée, elle pourra remercier la chaine de restauration d’avoir ravivé un débat stérile et aussi bas que ce débat sur l’intégration des minorités  qui, tout doucement commençait à s’éteindre. Elle pourra aussi remercier les réseaux sociaux ou jamais il n’a été aussi peu possible de faire un débat sans se faire insulter  de tous les noms en exprimant une opinion.

Sous couvert de faux débats sur une Identité Nationale qui n’a jamais aussi peu existé qu’en 2010, le communautarisme s’installe en France, et nos ennemis ne sont pas les populations musulmanes, bien au contraire, mais les populations totalement désœuvrées issues de cette immigration de masse mal gérée et sans une ombre d’avenir. A l’heure ou le chômage de masse chez les jeunes comme chez les moins jeunes s’installe, particulièrement dans les banlieues, à l’heure où la Police ne peut plus rentrer dans les quartiers sans se prendre un pavé dans la face, cette même situation n’est pas partie pour s’arranger..

Finissons sur une note d’esprit pour constater que le problème n’est pas d’hier et malgré tout près de 250 ans plus tard, il n’est toujours pas résolu. “La religion naturelle a mille fois empêché des citoyens de commettre des crimes. Une âme bien née n’en a pas la volonté; une âme tendre s’en effraye; elle se représente un Dieu juste et vengeur. Mais la religion artificielle encourage à toutes les cruautés qu’on exerce de compagnie, conjurations, séditions, brigandages, embuscades, surprises de villes, pillages, meurtres. Chacun marche gaiement au crime sous la bannière de la religion.” Voltaire - Dictionnaire Philosophique

Pourquoi l’industrie du disque va mourir ?

21/03/2010 Poil Aucun commentaire

Depuis qu’elle existe, l’industrie du disque s’est toujours battue contre ses clients. Ces dernières années, les exemples et les procès se multiplient. Les interêts et les sommes en jeu sont importantes et bien souvent, on entend parler du piratage comme l’origine de tous les maux dans ce monde où plus personne n’achète rien, ou c’était mieux avant, ou les jeunes n’ont plus de respects pour leurs artistes, leurs parents et que si ca continue comme ca, il n’y aura plus de création, plus d’artistes et qu’à la place ils feront du vrai travail euh pardon ils arrêteront de chanter / brailler.

Malheureusement pour eux, mais aussi pour nous, les maux sont biens plus profonds et si l’aspect technologique est certainement un point important, il n’est pas le seul.

1- Les prix

Et oui, si la part du loisir ne cesse d’augmenter chaque année dans le budget moyen des francais, il ne faut pas oublier que la musique n’est plus la seule voie de divertissement. Jeux vidéo, cinéma, théâtre …. le portefeuille des francais n’est malheureusement pas extensible à souhait et quand on voit le prix d’un album, on se dit qu’il y’a de la moquerie dans l’air.

Ces prix sont une véritable incitation au téléchargement, et même si j’entends d’ici les défendeurs dire que ces prix ont baissé, c’est vrai, mais sur une sélection d’albums anciens ou alors sur des produits biens spécifiques. Comptez une quinzaine d’euros pour un CD d’artiste à succès, on est loin de la démocratisation de la “culture”, on est aussi loin de la promotion des jeunes artistes et de “l’exception culturelle française” tant vantée par nos idoles, Fréderic Lefebvre et Frank Riester en tête, et au niveau technologique on est autant en retard que lorsqu’on regarde nos séries à la télé, à peine un an plus tard que leur diffusion aux Etats Unis par exemple…

2- Une offre complètement dépassé à chaque fois d’au moins 10 ans.

Cela fait 80 ans que l’industrie du disque se bat à chaque fois contre la technologie avant de l’adopter, avec donc, un train voir deux de retard. Et cela remonte à l’époque de la radio. Dès 1929, n’ayant pas trouvé de modèle économique fiable et subissant la crise économique de plein fouet, les Majors criaient la fin de la création etc… ca ne vous rappelle rien … ?

Un peu plus tard, dans les années 80, nos majors invoquent la fin du monde en mettant en avant les chiffres catastrophiques de la vente de vinyle, la faute ….. au piratage ! Certainement pas à un support en place depuis plusieurs dizaines d’années et complètement obsolète. Entre temps les grandes maisons de disques ont passé un accord avec les radios pour que chaque chanson qui est jouée sur leurs ondes doit être annoncée et payée à la maison de disque de l’artiste.

En 1984, c’est l’illustre Jack Lang qui va parler de piratage pour dénoncer l’industrie parallèle de la copie de cassettes vidéos, alors très répandue à l’époque.

Les années 90 arrivent, avec elles, l’apparition et la démocratisation des CD va être une véritable aubaine pour les Majors qui vont alors revendre à prix d’or tout le catalogue de musique déjà existant à des clients qui attendaient enfin l’arrivée de ce CD, plus pratique et prêt à stocker 74 minutes de musique sur une galette en plastique de 9cm (le diamètre nécessaire pour stocker la 9ème symphonie de Beethoven). Dix années où les Majors vont vendre chaque CD environ une vingtaine d’euros et se reposer sur leurs acquis. On pense qu’on ne les entendra plus se plaindre…

C’était sans compter sur Internet, en 1999 l’explosion des réseaux peer to peer ainsi que l’augmentation des débits mais aussi du nombre de connectés va permettre aux connectés de télécharger “rapidement” (comptez un quart d’heure) un mp3. Le P2P sera la technologie à abattre, il met en relation des gens qui cherchent une information, une musique, un film, un jeu, un programme avec des gens qui partagent ces fichiers gratuitement. Crée par un étudiant de 19 ans, Napster sera donc le premier programme a fonctionné de la sorte, il mettra à son moment de gloire plus de 600 000 connectés en relation en même temps, 1 milliards de téléchargement chaque mois.

En décembre 99, les Majors porteront plainte contre Napster pour violation de la propriété intellectuelle, pour la petite histoire Napster perdra son procès et permettra l’apparition de Kazaa, Edonkey et aujourd’hui on parle de réseaux Torrent, de décentralisation, de P4P… En 2008, le site Torrentfreak annoncait 15 millions de téléchargements simultanés !

Les Majors continuent compte leurs coups d’épées dans l’eau sans réfléchir à l’idiotie de leur politique répressive…

3- L’image catastrophique des Majors

Vivendi-Universal, Emi, Sony BMG, , Warner,  et Rock Records tous représentés par la RIAA aux Etats Unis jouissent d’une image déplorable. Et c’est bien normal. Après avoir racketté les clients pendant des années, après insulté ses propres clientsaprès avoir compliqué la vie des acheteurs en leur empechant de jouir de leur produits comme ils le souhaitaient, et en bourrant de DRM leur musiques digitalisées, en pleurant à chaque baisse de chiffre d’affaires mais en se taisant des bons résultats en pleine crise, ces immenses machines à fric se moquent complètement de leur base clientèle. Et pour cause, quand les gens n’achètent plus leur soupe, c’est les Etats qui les aident en créant des lois répressives sur mesure (une loi contre le téléchargement a été proposé par … la femme du PDG de Vivendi…). Pour finir et à les écouter, malgré une crise sans précedent, les majors se réunissent chaque mois de janvier dans leur temple, le Midem de Cannes pour exposer leur bétail dans une fête qui coute des millions d’euros, médiatisée et récompensant des “artistes” de grande qualité (Tokio Hotel si tu nous lis).

4- Les majors ne font plus leur travail

Lorsqu’elles menacent de ne plus prendre de risque sur la création, les majors ne prennent pas énormément de risques. Pour cause, cette création n’existe déjà plus depuis de nombreuses années, celle ci se faisant aujourd’hui sur Internet, grâce … au P2P, aux réseaux sociaux, mais aussi aux concerts gratuits et autres promotions peu couteuses et où les véritables artistes sont détectés. Les majors n’ont donc plus qu’à proposer un contrat à des gens qui ont déjà un nom dans le milieu, et de ce fait la prise de risque est minimum et le bénéfice quasi certain. Et l’on peut constater cette véritable démission en regardant les émissions d’une niaiserie sans précédent, Star Academy, Popstar et autre Britain’s Got Talent, voici les seules possibilités pour un inconnu de percer, selon des critères assez subjectifs (on savait à l’époque qu’il valait mieux être une fille qu’un garçon pour gagner la star ac’, les filles vendent mieux de disques, les chiffres leurs donneront raison, sur les 8 vainqueurs, seul un garçon connaitra le succès, Gregory Lemarchal, malheureusement essentiellement à titre posthume, phénomène d’hommage très courant dans la musique, encouragé par les majors à grand coups de publicité et de best-of).

La liste des défauts pourrait être encore longue tant ces entreprises font tout de travers, les artistes eux mêmes s’en rendent compte et tentent de critiquer ces groupes et de devenir indépendant ou de proposer de nouvelles méthodes de rémunération plus directes et encore une fois grâce à Internet.

Pour finir cet article, et pour montrer à quel point la situation est catastrophique, les données financières de Vivendi Universal, décidément bien mal en point … Pendant ce temps la, on flique les internautes et on rémunère Johnny à grands coups de millions…

Et le produit de l’année est ….

21/03/2010 Poil Aucun commentaire

La Tablette !

A mi chemin entre le smartphone, le pc portable, la télévision et le livre, voici le produit qui risque de se retrouver plus d’une fois aux pieds des sapins de Noel de tout technophile qui se respecte.

Mais pourquoi la tablette ? Pourquoi cette année ? Comment ça marche ? Voici quelques éléments de réponses.

La tablette, c’est quoi ?

2010 est donc l’année ou tous les grands constructeurs devraient sortir leur dernier gadget. La Tablette (à ne pas confondre avec l’ardoise qui n’a pas de boutons du tout), est donc bâtie sur le même principe qu’un ordinateur, mais pensé tactile et donc pratique. L’intérêt du tactile est très simple, plus besoin de trainer un clavier (quoi que…), une souris, plus besoin de manipuler ces horreurs de trackpad, ici tout se fait à l’écran. On pense donc que le mécanisme et la logique du produit seront très simples à appréhender même pour les néophytes. Les ventes devraient donc facilement décoller et ce produit devrait progressivement remplacer livres, journaux, et même à terme les Pc portable pour les personnes n’en ayant qu’une utilisation très réduite (regarder un film par exemple)?

Comment c’est fait une tablette ?

Apple a présenté sa tablette au grand public il y’a quelques semaines. Au niveau technique, pour les petits ingénieurs informaticiens en herbe, on retrouve des processeurs peu véloces  ( environ 1 giga-hertz soit la puissance d’un smartphone dernière génération), un écran de presque 10 pouces (un peu plus grand que les netbook entrée de gamme) en résolution standard (1024 x 768), une puce 3G / Wifi pour l’accès à Internet de partout, une mémoire allant de 16 à 64 giga au format Flash. Enfin l’autonomie de ces machines est très importante puisqu’elle pourra atteindre une dizaine d’heures.

La concurrence devrait donc adapter des caractéristiques sensiblement équivalentes à un prix légerement inférieur. La tablette n’est donc clairement pas destinée au jeu vidéo. En effet même si la machine est capable de faire fonctionner des petits programmes, inutile de penser à de la 3D dernier cri, et ce n’est d’ailleurs pas le but recherché. Même si le marché des jeux vidéos sur plate forme portable et tactile à tendance à exploser, on se doute que la multiplication des standards et des machines, et des OS, ne va pas faciliter la tache des développeurs et, comme pour les téléphones, ce qui fera le succès d’une Tablette, c’est le catalogue qu’il fournira en programmes, en jeux, en accès aux plateformes diverses et variées etc…

La tablette, quel interêt ?

La tablette, en 2010, représentera un marché de un milliard de dollars. Outre l’argent engrangé par la vente de matériel, c’est surtout après que la guerre va commencer.

Les constructeurs ont tous la même idée en tête, imposer leur standard. Du plus verrouillé (celui d’Apple pour ne pas le citer) qui va tout faire pour monétiser encore plus fortement son Itunes par la vente et la location de films directement visible sur un grand écran au plus ouvert, celui de Google qui va tout faire pour imposer son système d’exploitation, Androïd, déjà présent sur bon nombre de téléphones, la guerre risque d’être assez violente. Surtout lorsque l’on sait que Microsoft sera également de la partie par le biais, pour l’instant de H-P pour imposer, lui aussi, son nouveau système d’exploitation, Windows 7.

Les enjeux vont donc beaucoup plus loin que la simple vente de ces nouveaux jouets. Chaque tablette, pour fonctionner de manière optimale nécessitera un abonnement 3G (At & T va proposer une offre 3g pour l’Ipad à une vingtaine de dollars par mois). Elle sera aussi la vitrine technologique des constructeurs qui misent gros. HP, Compal, Lenovo, Dell et bien d’autres (on pense au projet ambitieux de Techcrunch, le JooJoo) vont devoir montrer qu’ils sont capables de s’imposer sur un nouveau marché, après celui des ordinateurs, celui de ces tablettes qui risquent de devenir la première étape vers la convergence entre tous les appareils électroniques de la maison.

A quel prix ?

Et c’est la que le bât blesse. Si ces produits n’apportent strictement rien de nouveau au niveau technologique (à part, il est vrai l’écran tactile enfin disponible pour le grand public), les prix ne sont pas aussi bas que ce que les caractéristiques techniques auraient pu laisser entendre.

L’Ipad a en effet été annoncé à un prix plutôt élevé. De 500 dollars (donc 500euros…) pour le modèle entrée de gamme en version 16 giga wifi à 829 dollars pour la version wifi et 64 gigaoctets de mémoire flash, on se rend compte que le prix est loin d’être attractif même si les premières rumeurs annoncaient un produit à 1000 dollars.

Il ne faut pas oublier qu’aux prix de ces tablettes, il faut ajouter les abonnements 3G pour ceux qui prendront les machines la réceptionnant. AT&T annonce des abonnements allant de 15 dollars (pour une bande passante de 250 mégaoctets / mois) à 30 dollars (sans limites de bande passante). Au total c’est un budget assez conséquent qui risque de faire doublon avec d’autres produits / abonnements surtout qu’on sait qu’en France, nos chers opérateurs ne feront pas de cadeaux au niveau des forfaits 3G qui seront certainement encore plus honteux que ceux proposés par AT&T.

La tablette, un véritable besoin ou gadget sans intérêt ?

Il est vraiment trop tôt pour le dire, mais à l’heure ou tous les grands constructeurs s’engouffrent dans ce nouvel eldorado, ces produits vont-ils trouver leur public ?

A priori oui, 400 000 Ipad devraient se vendre en France cette année, et on sait que la communication et le marketing vont faire “naitre le besoin” chez les gens qui ne l’ont pas pour le moment. On est sûr que les Tablettes seront donc le nouveau filon des opérateurs, des constructeurs mais aussi probablement des éditeurs de logiciel, géants ou non, et une manière de diversifier les revenus de groupes qui deviennent aujourd’hui de plus en plus importants et maitrisant de plus en plus souvent le circuit de production, d’édition (de logiciels) et de distribution (apple store par exemple).

Rendez-vous dans un an pour faire le point !

Google, Ange ou Démon ?

21/03/2010 Poil Aucun commentaire

Ah Google, son logo épuré, sa page toute simple et ses résultats qui, à l’époque, épataient par leur pertinence.

A l’époque, c’est quand même pas si loin, la société fête cette année ses 14 ans. Du côté un peu root du début avec les deux étudiants qui utilisaient les serveurs situés dans leur baignoire, Google est aujourd’hui devenu une entreprise géante : 4eme cotation au Nasdaq avec une action qui cote à plus de 530 euros (après avoir connu un pic à plus de 700 $ juste avant la crise financière.

La crise, Google ne la connait pas. Avec un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars fin 2009 (multiplication par 5 750 000 “seulement” en 12 ans), l’entreprise connaît une croissance folle, tirée par le développement d’Internet et de sa publicité en ligne et le fameux Pagerank, principale source de revenu du groupe de Mountain View. Pour en finir avec les chiffres, l’entreprise réalise fin 2009 un bénéfice de plus de 6 milliards de dollars et embauche plus de 22000 personnes. On est loin de la start-up des années 2000 !

Très loin même, à l’époque le slogan “don’t be evil” crée pour séduire les investisseurs, donnait à Google une image sympa, proche des  gens et respectant les valeurs  de ces derniers. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Google, entreprise tentaculaire

Non content de générer du profit sur la publicité en ligne, Google diversifie chaque jour un peu plus son activité, à grands coups de rachats d’entreprises, souvent novatrices et détentrices d’un savoir faire unique, ou leader sur leurs marchés respectifs. Ces dernières années, ces rachats se sont multipliés, faisant de Google un empire où l’on ne sait plus trop ou on en est. Google met également à contribution ses salariés en imposant un temps de travail sur des projets personnels et ceux ci font parfois la fierté du groupe… La matière grise de tout ces employés permet à Google de sortir un “projet majeur” par semaine. Impressionant.

Mais revenons sur ses activités. Aujourd’hui, il est strictement impossible de se passer des services de l’entreprise : vous vous servez du moteur de recherches pour venir surhttp://unpoilsurterre.net, vous vous envoyez des mails grâce à gmail, vous travaillez grâce à googleDocs, vous gérez votre site grâce à Analytics, vous regardez des vidéos grâce à Youtube et peut être que demain Google vous fournira en électricité ! Bref, vous googlez (c’est vachement hype de le dire) toute la journée, et sans forcément que vous le sachiez, l’entreprise récupère des données sur vous et crée une base de données géante. Chaque service google demande en effet de renseigner quelques informations sur notre personne (inscription sur youtube, sur gmail par exemple…) et il paraît important de penser aux conséquences que tout cela pourrait avoir.

Google n’est pas philanthrope.

Lorsque vous avez ceci en mémoire, vous avez tout compris  ! Google se sert de vos données personnelles, lit vos mails (par le biais d’un robot) pour vous donner une publicité toujours plus ciblée et vous inciter à cliquer sur ces dernières. Google filtre ses résultats dans certains pays (on pense à la Chinemais aussi à l’Iran ?) pour pouvoir y travailler et réaliser des profits. Google crée son système d’exploitation, son téléphone, met en place son systeme de géo-localisation pour toujours mieux nous connaitre, nous cibler et au final, quasiment nous espionner. Si toutes leurs idées partent clairement d’une bonne intention, les tentacules de la bête deviennent clairement effrayantes à mesure que l’entreprise grossit et touche des points sensibles de notre vie privée.

Google n’hésite pas non plus à participer au filtrage de certains sites web à controverse (sites pédophiles particulièrement) mais si demain le gouvernement leur demande de donner des url de sites politiques, en sera t-il de même. On sait que Google Chine a déjà franchi le pas depuis longtemps, on sait que les autres le font mais lorsqu’on prône une politique de “don’t be evil” on commence à se poser les questions.

Look agressif

Et ces questions se multiplient lorsqu’on voit l’activité de ces derniers mois. Procès pour la mise en place de Google Books voulant qu’une entreprise privée s’approprie des données publiques et libres de droit, attaque des pirates chinois sur les services Google déclenchant un différend diplomatique assez violent entre les deux plus grandes puissances militaires mondiales, controverse quant à la confidentialité des mails de Gmail, respect des Internautes plus que limite sur Google Chrome, photos des gens dans la rue avec Google Street view, lancement de Google Os dans quelques mois, l’entreprise met la main sur nos vies en stockant des informations sur nous et selon le patron de la CNIL en 2007 “risque de devenir un redoutable outil de surveillance“.

Si aujourd’hui les services Google font l’unanimité pour leur efficacité et leur gratuité, il convient tout de même de faire attention à la croissance d’un groupe qui s’enrichit sur la vie et le travail des autres (cas Google Actu).

Si hier l’ennemi avait un nom tout trouvé, Microsoft (avec les théories Palladium et compagnie), celui des prochaines années pourrait être Google (puis facebook, puis aussi microsoft quand même, puis …). L’entreprise ne fait plus l’unanimité au sein du Monde de l’Informatique (Ubuntu et mozilla commencent même à cracher sur cette dernière) et la diabolisation en place fait que l’entreprise est chaque jour un peu plus redoutée mais surtout redoutable. Du côté sympathique de la petite entreprise qui fait des logos sympas pour Noel, google se transforme en un ensemble de choses qui sont assez effrayantes et souvent à la limite du respect de la vie privée.

Il sera bien dur de boycotter de quelque manière que ce soit l’ensemble des services Google, mais des parades existent pour se protéger. Internet, aujourd’hui bien plus qu’hier est une véritable mine d’or pour tout savoir de vos vies, Google étant un leader incontesté, il écrit les règles pour transformer le jeu en un machine à sous qui gagne tout le temps.

Soyez prudents, les vérités d’hier ne sont pas celles de demain, surtout sur le Net, si aujourd’hui des entreprises se disent soucieuses de tout ces problèmes, rien ne garantit

1- Qu’elles le sont réelement

2- Qu’elle le seront lors du prochain repas avec les actionnaires !

Bon, moi je retourne regarder mes mail sur Gmail avec mon Google phone…

Brice, Sauve Nous

21/03/2010 Poil Aucun commentaire

Cela pourrait être le slogan de tout bon Français (auvergnat de préférence et pas trop foncé hein), qui en a marre de se faire insulter dans le métro en rentrant du boulot, qui en a marre de se faire agresser pour une cigarette ou bien racketter pour 4euros 23.

Heureusement, tonton Brice va nous sauver.

Multiplication des effectifs de police ? Non bien trop cher, et trop fastidieux. De véritables peines de prison pour les condamnés ? Non trop cher, et pis les prisons sont déjà pleines ma pauv’ dame. Mais alors Brice, quel est ton secret ?!

Son secret, c’est les caméras de Protection (et non plus de surveillance, voyez comme c’est fin la politique). C’est une des premières conclusion de la nouvelle loi Loppsi, le nombre de ces caméras va être triplé d’ici à l’an prochain, soit 40 000 nouvelles boites à images dans nos villes, villages, bref la où il y a des gens à filmer, parce que c’est quand même plus rigolo quand quelqu’un passe de temps en temps.

Les caméras de protection… vaste débat. Si il est admis qu’elles font sentir les gens en sécurité en général, est-ce vraiment le cas ? La réponse, elle est moins évidente.
De plus en plus de rapports montrent au minimum l’absence de lien entre la vidéo surveillance et la baisse de la délinquance, au pire un effet inverse. En effet, quoi de plus simple que de mettre une cagoule. Quit à être un terroriste, autant faire ça bien !

L’autre gros problème que soulève cette multiplication de caméras, c’est la vie privée. Jusqu’à quel point va t-on entrer dans notre vie privée ? Loppsi démarre en fanfare avec la surveillance des réseaux Internet et les caméras, et Personne n’en parle, pas un seul mot au JT, trois mots sur le nouvel obs. Personne, parce que c’est trop “geek”, franchement qu’est ce qu’on en a à faire d’être espionné, et pis on a rien à se reprocher !

Rien à se reprocher, mais tous terroristes en puissance, après, on l’a vu, nous avoir présumé coupables avec Hadopi, le gouvernement pousse encore un peu plus loin en installant des caméras à reconnaissance faciale sur les nouveaux modèles.. au cas ou… on n’est jamais trop prudent !

Rien à se reprocher, mais quand même, on va pouvoir installer un spyware sur nos Pc, histoire d’être sur, et pis on demandera pas au juge hein, c’est juste pour voir, de toute manière vous n’avez rien à vous reprocher.

Plus généralement, ce délire sécuritaire commence à devenir invivable, entre les passeports biométriques, les 53 portails de sécurité à franchir avant de passer l’avion, les fouilles de plus en plus proches, le filtrage des réseaux (pour nos enfants !), il sera bientôt un crime de penser. Orwell l’avait vu venir, avec un peu d’avance, “la guerre c’est la paix”, je rajouterai que “la violence, c’est la sécurité”. Sécurité pour nos politiques favoris, surs de se faire réélire en faisant de la sécurité une priorité (comme en 2007), avec quelques gros faits divers bien gras. Donnez moi une émeute, montrez que les caméras ont permis d’identifier les bourreaux d’une jeune femme enceinte, faites peur à la ménagère et aux petits vieux et c’est gagné.

Montrez que le filtrage des réseaux a permis de démanteler un réseau de pédophiles et tous les gens vont applaudir “parce que c’est quand même bien ce filtrage avec tous ces malades sur le truc la, le comment tu dis, ah oui l’internet”.

Le “monde libre” est entré depuis 2001 dans un délire sécuritaire, ce délire qui conduit nos libertés à rejoindre le passé, ce délire qui fait de nous des personnes fichées, filmées ou classées.

Aujourd’hui, c’est un devoir commun de dire non à ce surplus de sécurité, qui finit par créer l’effet exactement inverse que celui qui est “recherché” par nos têtes pensantes.

Installations de caméras : les agresseurs portent des cagoules
Filtrage des réseaux : Utilisation de protocoles vpn pour ne plus avoir une ip française et outrepasser ces méthodes d’un autre âge.
Surveillance des réseaux Internet : cryptage de connexion jusqu’alors utilisé par les véritables terroristes mais aujourd’hui utilisé par les gens qui en ont marre d’être espionné par on ne sait qui

Il est temps de prendre conscience que nous sommes en train de nous créer notre propre Big Brother, sauce moderne, surveillance généralisée, guerre infinie (contre le terrorisme),une main-mise complète sur les médias télévisés voir radiophoniques (En France, seul le groupe Bfm est complètement indépendant…) et au final, contrairement à ce qui est souvent montré durant les mandats, sommes-nous réellement plus en sécurité ? Non. Sommes nous réellement plus fichés ? Oui !

Alors, Brice, si tu veux vraiment nous sauver, éteins tes caméras s’il te plait.
Pour finir, cet article aurait pu être résumé en une seule ligne, mais vous auriez trop vite lu et finalement ça n’aurait pas été très drôle.

Celui qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux“ Benjamin Franklin

Dadvsi, Hadopi, Anéfé…. Défavorable

21/03/2010 Poil Aucun commentaire

Bande de ptits batards !

Ce premier article va permettre de faire le point sur la vision dramatique que donne la France aux autres pays du monde et à ses propres habitants dans sa manière de gérer les nouvelles technologies et en particulier Internet.

Rappel des faits;

Fin 2009 et après de longues années de batailles parlementaires, constitutionnelles, et morales, la loi dite Hadopi 2, est votée pour le plus grand bonheur de l’UMP et de ses petits camarades (Pascal si tu nous lis).

Cette loi met fin à plus de 4 ans de bataille acharnée avec d’un coté les maisons de disques et le gouvernement, d’un autre coté les fournisseurs d’accès (qui font parfois partie du même groupe que celui qui détient une maison de disque…) et les internautes.

C’est en effet depuis environ 2005 que les maisons de disques voient leurs ventes s’effondrer, la faute au PIRATAGE, la faute à tous ces terroristes sans cœurs qui téléchargent sur kazaa, sur napster et autre mules. La nécessité de légiférer pour protéger nos artistes devient donc urgente et de nombreuses actions démarrent à cette date.

Un an plus tard, Renaud Donnedieu de Vabres défend corps et âmes la loi Dadvsi, première loi inutile d’une longue lignée… Périmée à sa sortie, elle vient sanctionner d’amendes les vilains telechargeurs (un peu à l’idée d’un radar automatique). Concrètement, à chaque fois que vous vous faisiez avoir par ces radars, vous preniez quelques dizaines d’euros d’amendes. Malheureusement, les révolutionnaires du conseil constitutionnel censure la plus grosse partie du projet de loi, RDDV démissionne, les maisons de disques pleurent et il faut trouver une nouvelle solution…

Entre temps, Nicolas Sarkozy est élu, et promet la fermeté à l’égard de tous les délinquants et ne laissera pas les « jeunes obtenir gratuitement ce que « vous » (ndlr : les majors) vendez »..

C’est donc sur ce constat accablant que démarre le quinquennat numérique du nouveau gouvernement. Les accords Olivennes « signés » entre les FAI et le gouvernement garantit que ceux ci vont collaborer dans la lutte contre le téléchargement en mettant en place les mesures nécessaires. On apprendra plus tard que ces accords étaient en fait une feuille blanche voir même une carotte pour Free qui, en cas de non signature, aurait pu se mettre sa licence 3G sur l’oreille…

Chantage, mensonge, et trahison, on pourrait en faire un film…

Mais le plus rocambolesque arrive. La Loi Hadopi (1ere version) débarque à l’assemblé nationale, défendue par Christine « anéfé » Albanel, alors ministre de la culture et de la communication (sic). Christine propose donc de sanctionner les vilains petits pirates de manière « pédagogique ». Pour Hadopi, l’abonné est responsable de tout ce qui passe par sa box. Concrètement, Mme A se fait pirater sa ligne par M. B, c’est elle qui ramasse, et c’est bien normal non mais oh.

Les sanctions ? La coupure de la ligne ADSL, l’impossibilité de se défendre (c’était une haute autorité qui faisait la loi), et donc la présomption de culpabilité mise en place. Ce plan génial et salué par nos amis les majors se traduira par deux faits marquants. Le premier, c’est que la loi a été refusé une première fois à l’assemblé par un numéro de prestidigitation de l’opposition, le deuxième c’est qu’une fois re-voté sous l’impulsion de M. Copé, la loi a été retoquée une nouvelle fois par le conseil constitutionnel.

Il faut croire que ces lois ne sont pas la bonne approche, mais tant pis, on fonce, comme des bœufs, et on va voir ce qui se passe.

La croisade contre les infidèles continue néanmoins et très rapidement, M. Mitterand, qui remplace Christine, dont les internautes se souviendront longtemps de son magnifique accent du sud ouest,  va défendre la pédagogie de sa loi, La loi Hadopi 2…

Véritable correctif de la première, celle ci prend en compte les avis du conseil constitutionnel pour devenir légale tout en conservant la philosophie du brouillon qu’était hadopi I

Concrètement : la présomption de culpabilité est désormais admises et légale : le défaut de sécurisation devient une contravention et non plus un délit, on profite du coup du statut de celle ci pour faire passer la sanction.

Une double sanction  potentielle : celle du non défaut de sécurisation de la ligne donc, plus la contrefaçon. Au final :

Un an de suspension de ligne (30e x 12 maximum) + 300000 euros d’amendes et 3 ans de prison pour la contrefaçon (maximum) + 1500e de contravention. Elle est pas belle la vie ? Surtout si c’est votre voisin qui a télécharge sur votre box.

Votre unique parade, le logiciel de sécurisation qui vous dédouanera de toute charge. Seul problème, ce logiciel n’existe toujours pas. Ah aussi, il sera payant. Mais bon, vous payez bien pour des antivirus hein !

Au final, et comme pour Dadvsi à l’époque, Hadopi incarne toute la difficulté de légiférer sur quelque chose qui bouge constamment et qui n’est pas du tout maitrisé par le législateur. Je ne vais pas donner des conseils pour une cheminée lorsque je n’y connais rien. Ici, on a bien vu que toutes les études sérieuses ont été occulté par les études payées par les lobbys, que ceux qui écrivaient la loi, ne le faisait pas par conviction mais pour légiférer, pour honorer des promesses faites aux copains et qu’au final, tout le monde à le temps de s’équiper en logiciel de cryptage qui vont rendre le vrai travail de la police plus difficile.

Il est en effet facile de scruter un faible pourcentage de connexions cryptées, si demain tout le monde l’est, pour se défendre de ce voyeurisme d’état, comment vont-ils faire ?

Un élément de réponse avec Loppsi dans quelques jours, et à priori ca promet… Votre Poil vous racontera tout :)

Bien à vous !

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