OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Retour sur 10 ans de Big Brother Awards http://owni.fr/2010/06/01/retour-sur-10-ans-de-big-brother-awards/ http://owni.fr/2010/06/01/retour-sur-10-ans-de-big-brother-awards/#comments Tue, 01 Jun 2010 13:42:20 +0000 L'Equipe des Big Brother Awards http://owni.fr/?p=17207 La face visible des Big Brother Awards -la remise annuelle, samedi dernier, des trophées Orwell- est ludique, parodique, festive.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, nous ne rions que parce que c’est le nécessaire exutoire à la colère, au désespoir et au très lourd travail de veille, d’information et de rédaction/vérification des dossiers que nous instruisons et mettons en ligne chaque année.

On pourra nous jeter la pierre pour quelques candidatures un peu faiblardes, ou décalées, mais à de rares exceptions près, les candidats méritent tous leurs nominations et leur prix, ou leur exclusion dans le cas du lauréat qu’on ne nommera pas, tant sa participation obstinée à la mise en place d’une société de surveillance et de contrainte est évidente.

Parfois même, nos choix (ceux du public et les nôtres) ne font qu’anticiper sur ce que l’actualité révélera quelques mois plus tard.

Champion hors catégorie, le ministère de l’Intérieur

Le premier dossier qui nous vient à l’esprit est celui du ministère de l’Intérieur, proposé au vote du public pour le palmarès à venir des BBA spécial 10 ans.

Moult fois cité, ce ministère a à son actif quelques fichiers catastrophes dont l’impuissante Commission nationale de l’informatique et des libertés a souligné les dysfonctionnements chroniques : le Stic (fichier de la police nationale) et son pourcentage de fiches erronées qui augmente à chaque contrôle (83% au dernier).

Et ce n’est pas la très attendue Cassiopée (ou Nouvelle chaîne pénale, NCP), application gérant les fichiers de la justice et théoriquement, l’actualisation du Stic par les parquets, qui va changer la donne, puisqu’avant même d’être généralisée, elle bogue.

C’est apparemment grâce à Cassiopée que le député et maire de Franconville Francis Delattre (un ancien commissaire de la Cnil, un comble ! ) a pu sortir les fiches d’Ali Soumaré, un candidat PS aux dernières régionales, et de ses sosies.

Le Fnaeg omniprésent, Edvige coupée en deux, Cristina la discrète

Mais revenons-en à l’Intérieur, à qui l’on doit aussi l’extension ad libitum du Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg) qui contient aujourd’hui les identifiants de plus de 1,2 million de personnes, dont quelques 75% de simples « mis en cause », et donc toujours présumés innocents.

On ferait mieux de qualifier pour ce qu’il est : un « fichier de population », mais pas de n’importe quelle population, celle de la « plèbe décrétée dangereuse ».

Et puis Edvige (fichier des ex-RG), coupée en deux par Hortefeux, et sa soeur Cristina la secrète (fichier de l’ex-DST), dont on ignore tout, parce que même l’« avis favorable avec réserve » de la Cnil est classé « secret défense ».

Sans oublier le projet de triplement des caméras, les Loppsi 1 et 2 (Loi pour l’orientation et la performance de la sécurité intérieure), les LSQ, LSI, LPD (Loi prévention de la délinquance), LPR (Loi prévention de la récidive) et autres sigles barbares (plus d’une vingtaine de lois sécuritaires, en dix ans) visant à instiller la peur dans la population pour qu’elle se tienne tranquille.

C’est à ce ministère aussi qu’on doit le Prix Novlang 2010, exemple s’il en est du concept cher à George Orwell et de la réécriture de l’histoire pour la mettre en conformité avec la réalité officielle du moment.

Il s’agit de l’amendement porté par Brice Hortefeux et Eric Ciotti (rapporteur de la Loppsi 2, et lui aussi distingué en tant que pire « exécuteur de basses œuvres » aux derniers BBA, introduisant la substitution du terme « vidéoprotection » à celui de « vidéosurveillance ») et imposant la modification de toutes les lois antérieures.

A l’Éducation, les ministres tous accrocs au fichage

Autre candidat récidiviste et digne de ces oscars de la honte que sont les BBA, le ministère de l’Education nationale. Tout a commencé en 2002 avec Jack Lang, qui a introduit le logiciel Signa (rebaptisé depuis Système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire, Sivis).

C’est sur la foi de ces collectes annuelles réalisées selon des critères douteux (un tag est-il une violence ? , une violence à la maison est-elle comptabilisable ? ) qu’est aujourd’hui élaborée la fameuse liste des établissements scolaires dangereux.

Ces derniers auront droit à un cher audit, puis à l’achat de caméras et de portiques… de protection, en attendant la visite des équipes mobiles de sécurité (EMS) à demeure de « policiers référents ».

Chassée par la porte, la base élève revient par la fenêtre

En 2004, l’Education nationale (sous la férule de Gilles de Robien, puis de Xavier Darcos) a voulu moderniser sa gestion des établissements scolaires et a lancé « base élèves premier degré ».

Ont suivi les péripéties que l’on sait, la fronde des directeurs d’école, la marche arrière de Darcos » qui a supprimé les données sensibles (bien inutiles à la gestion), et la découverte de la Base nationale des identifiants élèves (BNIE), recensant les « numéros de matricule » qui vont suivre chaque enfant (fût-il scolarisé dans le public, le privé ou à domicile) dès l’âge de 3 ans et sur une durée pouvant atteindre trente-cinq ans. (Voir la vidéo sur la résistance à la base élèves)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Luc Chatel, dernier ministre en date, cautionne le travail de ses prédécesseurs et vient de lancer plusieurs expérimentations dont le fichier de l’absentéisme (assorti de la coupure des allocs) et celui des élèves « décrocheurs », ou encore le « Livret de compétences », dont le contenu ouvrira les portes d’une belle carrière ou d’un bail longue durée à Pôle Emploi.

Avouez qu’autant de zèle à ficher nos enfants méritait bien une mention spéciale fichiers !

Les entreprises du secteur ne cessent d’innover

Au fil des années, nous avons également vu émerger des technologies et des outils nouveaux.

Avec le lobbying des fabricants-par-le-profit-alléchés qui va avec, comme le fameux « Livre Bleu » du Gixel, un consortium d’industriels de l’électronique, qui suggérait au gouvernement de confronter les citoyens « dès l’école maternelle » aux outils de contrôle, pour mieux annihiler leur résistance une fois adultes. (Voir la vidéo, un extrait du documentaire « Total Control », diffusé en juin 2006 sur Arte, avec les explications de Pierre Gattaz, président du Gixel).

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La biométrie dans les écoles a fait la une, entre 2002 et 2006. Les logiciels d’analyse d’images et de comportements ont pris le relais. Et aussi les bracelets électroniques, d’abord pour les libérés sous condition, puis pour les bébés, les personnes âgées et, espèrent les marchands de puces RFID, pour toutes les personnes nécessitant un suivi particulier ou un contrôle d’accès sélectif.

C’est tellement plus simple de pucer les gens directement !

L’an passé nous avons vu arriver les fichiers d’analyse sérielles, appliqués non plus aux crimes en série, mais aux délits (punis de plus de 5 ans) type cambriolage, dégradation de biens ou aide au séjour illégal (sic).

La cible prioritaire ? Les populations fragiles

L’autre tendance que nous permet de dégager notre travail de veille, ce sont les populations cibles, visées par la répression, qu’elle affiche ou non la couleur de la prévention.

Les demandeurs d’asile, ceux qu’on appelle maintenant les « illégaux », et les immigrés en général ont toujours été des cœurs de cible. C’est la population cobaye par excellence pour expérimenter les visas et documents d’identité biométriques, voire dans certains pays lointains l’identification des « cheptels » par puçage.

D’autres groupes humains sont venus les rejoindre. Exemple en 2005, l’adjoint au maire de Carcassonne et le commissaire divisionnaire du département qui ont été épinglés pour le fichage organisé des sans domicile fixe.

Dans le viseur, les malchanceux passés par la case psychiatrie

Actuellement, la nouvelle cible, ce sont les malchanceux qui sont passés un jour par la case psychiatrie. Simple incident de parcours, court ou long séjour, médicamentés ou non, l’Etat, avec l’aide de quelques experts dociles, veut absolument les faire entrer dans la catégorie « population dangereuse à surveiller et signaler ».

Et puis il y a les enfants à problèmes, grands ou petits, ceux qui s’éloignent de la courbe du « droit chemin », comme dirait l’auteur d’un rapport fameux, le député Jacques-Alain Bénisti. Voire les foetus, si on écoutait certains chercheurs de l’Inserm, auteurs d’une étude controversée préconisant la détection précoce ou pré-natale de la délinquance.

Tout ceci ne serait pas possible sans les acteurs « locaux » de la politique de la peur. Des « contrats locaux de sécurité » (1997, Chevènement) aux « conseils pour les droits et devoirs des familles » (2007, Sarkozy), ce sont dix ans d’« expériences » visant à canaliser les populations les plus précaires dans un lent mais minutieux carcan panoptique.

La prestation sociale, ce n’est plus un droit, ça se mérite. Sus aux « fraudeurs » ! Les fichiers de l’aide médico-sociale en deviennent le bras armé. L’individu est croisé, recoupé, calculé, disqualifié… Souvent le fichage est introduit en douce, au sein de laboratoires vivants de la « tranquillité publique ».

Aujourd’hui, tous les départements ont pour mission de recenser leurs « pauvres » et d’alimenter, notamment, le fichier central du RSA, le RMI « sous conditions de ressources ». La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a même été tentée par une méthode d’entretien policière qui prétendait détecter la « présomption de fraude » chez un allocataire !

Toujours plus de caméras dans nos villes

Toutes les villes, grandes ou moyennes, même de petits villages reculés, succombent à la vidéosurveillance. Fortement incités par les fabricants comme par l’Etat, qui subventionne les villes réticentes (30 millions de budget en 2010). Inefficace sur la délinquance, mais si pratique en terme électoral : « Je vous protège, réélisez-moi. »

Tout le monde suit. Les maires PS de Lyon et Paris ont eu droit à leur Orwell. D’autres utilisent leur fief électoral pour fayoter, comme Christian Estrosi, grand lauréat cette année, qui fait feu de tous bois pour s’acheter une bonne conduite :

> 600 caméras de surveillance

> Couvre-feu pour mineurs

>Portiques de sécurité dans les écoles

> Chantage aux allocs pour « parents démissionnaires »…

L’espace public est quadrillé. Pas un quartier n’est construit sans l’aval des « professionnels de l’aménagement » inféodés au ministère de l’Intérieur. Le contrôle des foules en milieu urbain s’inspire de la « doctrine de la guerre révolutionnaire », testée dans nos anciennes colonies avant d’être exportées en Amérique latine à la demande des dictateurs qui y sévissaient.

Les armes militaires d’hier deviennent les remèdes civils de demain : des drones (aéronefs sans pilote) sont ainsi « adaptés » à la lutte contre les « violences urbaines ». Un mini-hélico lanceurs de balles paralysantes a même été mis au point par le vendeur français du pistolet Taser…

Les technologies, comme on le voit, ne sont jamais neutres. Elles s’adaptent aux politiques et les rendent « acceptables ».

La Cnil, un cache-sexe bien utile

Et la Cnil, dans tout ça ? Ah, La Commission de l’informatique et des libertés ! Tout un poème… Son président Alex Türk, sénateur du Nord, membre de la Cnil depuis quinze ans, a reçu un prix spécial du jury cette année, comme un hommage à son double jeu perpétuel.

Amputée de ses principaux pouvoirs depuis 2004, avec l’aval avisé du sénateur Türk, la Cnil apparaît comme un cache-sexe, une chambre d’enregistrement. Elle ne peut dire « non » contre les fichiers de la puissance publique, seulement « non mais ». Et ses réserves sont « consultatives »…

Elle se débat et alerte encore, certes, n’a mais finalement rien d’un contre-pouvoir comme certains le pensent encore. Elle est même l’un des rouages du pouvoir, et participe donc à la société de surveillance qu’elle continue, par ailleurs, de vaguement critiquer.

L’existence même de la Cnil, dans nos sociétés « démocratiques », apparaît même comme un moyen de légitimer des mesures à tendance totalitaire. Un peu comme un « fusible » démocratique. Combien de courts-circuits y viendront à bout ?

Jean-Pierre Garnier, Jean-Marc Manach, Jerome Thorel et Christine Tréguier

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Lire aussi l’ouvrage collectif « Les surveillants surveillés » (Zones/La Découverte, oct. 2008)

Crédit Photo Flickr : Joffley

Article initialement publié sur Rue89.

Retrouvez les deux autres articles de ce troisième volet du manuel de contre-espionnage informatique : Gorge profonde: mode d’emploi et Votre historique mis à nu.

Retrouvez également le premier et le second volet de notre série sur le contre-espionnage informatique.

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Droit à l’oubli: vos papiers s’il vous plaît http://owni.fr/2010/05/07/droit-a-oubli/ http://owni.fr/2010/05/07/droit-a-oubli/#comments Fri, 07 May 2010 09:27:47 +0000 Jean Marc Manach http://owni.fr/?p=14727 Le groupe PagesJaunes a une drôle de conception du “droit à l’oubli“. Pour disparaître de son nouveau “méta-annuaire de personnesrépertoriant tout à trac nos adresses postales et e-mails, téléphones fixes, mobiles ou sur IP, mais également nos profils sur les réseaux sociaux de type Facebook, Copains d’Avant, il faut lui envoyer… la photocopie d’une pièce d’identité, en clair, via un formulaire Internet non sécurisé, au mépris des plus élémentaires règles de sécurité informatique.

Le formulaire de droit à l'oubli des Pages Jaunes

PagesJaunes a racheté 123People, un site autrichien particulièrement intrusif qui publie tout ce qu’il trouve sur vous sur le Net, sans jamais vous le demander. PagesJaunes est le spécialiste des annuaires et du « marketing relationnel ».

Sorti du giron de France Télécom en 2006, il appartient désormais au fonds d’investissement KKR, et figure au “6ème rang mondial des sociétés en termes de chiffre d’affaires publicitaire sur Internet – les 5 premiers rangs étant occupés par des sociétés américaines“.

Comme le souligne Rue89, 123 People, moteur de recherche un temps réel de personnes ou, plus particulièrement, de leur réputation numérique, à savoir “l’image que les internautes se font de vous en recherchant des informations vous concernant sur Internet“, “c’est un peu la rencontre entre Google et les renseignements généraux“, répertoriant nos adresses, téléphones, publications professionnelles et perso, propos tenus dans les forums, profils dans les réseaux sociaux, photos…

Sur la page sobrement intitulée “CONTRÔLE D’IDENTITÉ NUMÉRIQUE” (sic), 123people explique qu’

il vous est enfin possible de surveiller et de contrôler votre identité numérique de manière simple et claire” et, plus particulièrement, de sa réputation numérique, à savoir “l’image que les internautes se font de vous en recherchant des informations vous concernant sur Internet“.

123people indexe ainsi notre : “empreinte numérique, (qui) se compose de l’ensemble des traces que vous laissez derrière vous, généralement sans vraiment vous en rendre complètement compte, à la vue de tous, en utilisant les services d’Internet” (recettes sur Marmiton, interventions et commentaires sur les médias sociaux, signatures de pétitions, etc.), notre “identité numérique, que vous êtes censés plus directement maîtriser, qui vous définit et vous caractérise sur Internet (et qui) est ce que vous avez envie de publiquement montrer de vous sur Internet” (CV, comptes Facebook, Twitter ou Flickr, blog perso, etc.), mais également “ ce que les autres ont dit de vous sur Internet” (en commentant des photos, sur des blogs ou forums, votre compte Facebook, etc.).

Dans un billet intitulé Réputation numérique – Identité numérique – Empreinte numérique : comment ça marche ?, 123people rappelle que le web est un espace public, et que ce qu’on y publie a vocation à être indexé par les moteurs de recherche :

Que vous le vouliez ou non, vous existez sur Internet, et il y a désormais peu de chance que l’inverse se produise. C’est le sens de l’histoire que d’avoir des données nous concernant accessibles sur le web public. Ne pas le voir est excusable. Ne pas le vouloir revient à avoir envie de se battre contre des moulins à vent.

Alors, puisque c’est le sens de l’histoire, choisissez donc de prendre tout ceci en main : faites un peu plus attention à votre empreinte numérique, soignez votre identité numérique et partez à la découverte de votre réputation numérique.

Nous suivons les directives très strictes de la loi autrichienne sur la Protection des Données Privées étant donné que notre siège est à Vienne, Autriche. Nous ne stockons aucunes données et ne créons pas de profils. Cela signifie que nous ne sommes pas en mesure de distinguer et de séparer les différentes personnes affichées dans nos résultats de recherche, mais uniquement entre leurs noms.

Trois jours après le rachat de 123people PagesJaunes intègrait les réseaux sociaux dans PagesBlanches.fr, afin d’associer les recherches de personnes avec leurs profils sociaux :

en clair, lorsque vous cherchez des informations sur une personne en utilisant PagesBlanches, le site vous affiche les informations traditionnelles d’adresse et de numéro de téléphone, mais il y associe également des informations sur les réseaux sociaux sur lesquels cette personne possède un profil public (c’est-à-dire un profil que la personne en question a choisi de rendre accessible à tous)“, ce que Pagesblanches.fr qualifie de “méta-annuaire de personnes (adresse postale, téléphone fixe ou sur IP, mobile, mail, profils sociaux…)“.

Or, croisée avec Pages Jaunes, cette fiche donne immédiatement accès à vos coordonnées complètes, si vous n’avez pas pris la précaution de vous inscrire en liste rouge.

Ceux qui voudraient contrôler et gérer leur empreinte numérique (qui “se compose de l’ensemble des traces que vous laissez derrière vous, généralement sans vraiment vous en rendre complètement compte, à la vue de tous, en utilisant les services d’Internet“) sont invités à contacter la source d’origine référencée sur 123people, “ car la suppression de ces données est hors de notre sphère de compétence“, puis à contacter 123people pour désindexer de leurs propres serveurs les pages qu’ils n’arrivent pas à corriger par ailleurs et, enfin, à faire appel à des “services professionnels qui peuvent gérer votre identité numérique en vous aidant à effacer les informations gênants ou obsolètes de la source d’origine“.

Le groupe PagesJaunes, de son côté, a voulu “simplifier” le “droit à l’oubli“. Ceux qui ne voudraient pas voir accoler leurs coordonnées postales et téléphoniques avec leurs profils sur les réseaux sociaux sont invités à lui envoyer… la photocopie d’une pièce d’identité, en clair, via un formulaire Internet non sécurisé, au mépris des plus élémentaires règles de sécurité informatique…

La CNIL se dit “incompétente dans ce dossier” : 123people est déclaré auprès de la commission équivalente en Autriche, et selon la directive européenne de 1995 sur les données personnelles, la traduction française du site n’a pas à être soumise à la Cnil…

Captures d’écran d’un échange de tweets entre Nathalie Kosciusko-Morizet, maire de Longjumeau, Secrétaire d’État à la Prospective et au Numérique, numéro 2 de l’UMP et initiatrice d’un débat sur le “droit à l’oubli”, et un certain nombre d’internautes pour qui 123people n’est précisément pas tout à fait le modèle à suivre pour ce qui est du “droit à l’oubli”.

Illustration CC Flickr par Kat.B.Photography

Photo de Une CC Flickr par murplejane

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Le ministère de l’Intérieur s’intéresse au maquillage virtuel http://owni.fr/2010/05/07/ministere-de-linterieur-videosurveillance-biometrie/ http://owni.fr/2010/05/07/ministere-de-linterieur-videosurveillance-biometrie/#comments Fri, 07 May 2010 09:24:55 +0000 Jean Marc Manach http://owni.fr/?p=14743 Pour fêter les dix ans des Big Brother Awards, la soucoupe a proposé à Jean-Marc Manach (Bug Brother sur LeMonde.fr, et manhack sur Twitter), l’un de ses organisateurs, de revenir un peu plus en détail sur certains des candidats nominés cette année. Où l’on découvre que le ministère de l’Intérieur cherche à développer un système de reconnaissance faciale intelligent, couplé aux caméras de vidéosurveillance des stades de football, grâce à un logiciel de “maquillage virtuel“…

Vesalis MakeUpOnlineDepuis plus de dix ans, Vesalis, une start-up de Clermont-Ferrand, tente de mettre au point un logiciel de “maquillage virtuel“, MakeupOnline, afin de permettre aux femmes, en temps réel, de juger, dans un magasin, sur leur PC ou depuis leur téléphone mobile, si tel ou tel maquillage leur irait bien.

A l’incitation du ministère de l’Intérieur, Vesalis tente depuis trois ans maintenant d’adapter son logiciel biométrique de reconnaissance faciale afin de pouvoir identifier, en temps réel, et au beau milieu de la foule, hooligans, terroristes, criminels et autres délinquants. Nom de code de ce projet : “Bio Rafale” (lol).

Sur son site web, Vesalis se targue d’avoir d’ores et déjà effectué plus de 2,4 millions de simulations de maquillage virtuel. Son logiciel combine biométrie, via un “moteur de détection et d’analyse du visage idéal“, et réalité augmentée, afin de rajouter aux visages modélisés une couche de maquillage personnalisé visant à proposer à ces dames une “ordonnance de beauté” :

L’interface interactive qui conduit à l’édition d’une ordonnance de beauté prescriptrice de produits, permet de combiner le maquillage, la coloration capillaire sur la coiffure naturelle, la coloration de l’iris de l’œil, le blanchiment des dents, les accessoires. L’interface est suffisamment flexible pour intégrer une multitude d’activités complémentaires et de fonctions scénarisables.

Carla Bruni remaquilléePour Jean-Marc Robin, PDG de Vesalis, la clé de cette technologie, c’est qu’elle peut “éblouir une cliente à la vitesse d’une étincelle“. Et c’est semble-t-il ce qui a particulièrement plu au ministère de l’Intérieur.

En 2007, rapporte 01Net, le comité Richelieu, qui rassemble des PME innovantes, lui propose de se rapprocher du ministère de l’Intérieur, pour mettre au point un système de surveillance par reconnaissance faciale.

Sur la page du comité Richelieu consacrée à Vesalis, il est question d’”une application réaliste en prévention type biométrie faciale” permettant “par exemple (la) prise de vue à partir d’un téléphone portable 3G, (la) transmission sécurisée, analyse et comparaison temps réel à partir d’une base de données“.

Carla Bruni remaquilléeEn attendant de voir un jour des téléphones mobiles à même d’identifier, en temps réel, n’importe quel quidam pris en photo dans la rue, ce qui semble avoir intéressé le ministère de l’Intérieur, souligne La Montagne dans un article intitulé L’oeil clermontois de « Big Brother », c’est la possibilité de “pouvoir reconnaître un individu précis à partir d’un simple réseau de caméras de vidéosurveillance” :

À ce jour, une vingtaine d’industriels (dix-neuf Américains et un Allemand). Une préoccupation pour laquelle les États-Unis mettent des millions de dollars depuis le 11 septembre… avec des résultats proches de zéro.

Explication : pour qu’un système de reconnaissance de visage soit fiable, il faut que son taux de succès soit au moins de 70 %. Mais les expériences qui ont été mises en place, en grandeur réelle, à San Francisco ou à l’occasion du Superbowl ont été des fiascos complets : à peine 20% de taux de reconnaissance.

Carla Bruni remaquilléeLe problème, c’est que les caméras de vidéosurveillance ne sont pas aussi précises que les photomatons. Or, la biométrie faciale a déjà bien du mal à identifier ceux qui, à l’instar de ces photos d’identité où nous sommes interdits de tout sourire (pour que les ordinateurs nous identifient plus facilement, voir Il ne faut pas rigoler avec vos photos d’identité), sont pris en photo sans bouger, en gros plan, le visage découvert, de face, et sous les flashs. Alors des gens mal éclairés, filmés de loin, de profil ou de dos, et qui bougent…

Vesalis, pour sa part, se targue d’être en avance sur les Américains, et s’est donné pour objectif, sous “n’importe quel éclairage ambiant“, de comparer le visage des gens vidéosurveillés aux fichiers des personnes recherchées avec “un taux de reconnaissance de plus de 90%“.

Nicolas Sarkozy remaquillé

Les mauvais esprits rétorqueront probablement que si d’aventure un tel système venait à se généraliser, la majeure partie des délinquants, des criminels, des terroristes et des hooligans susceptibles d’être ainsi identifiés prendront soin de se grimer.

Raté : ceux qui portent des lunettes, écharpes ou casquettes (et sans même parler du port de la cagoule ou bien du voile) sont suivis à la trace par les caméras jusqu’à effectuer un “résultat probant“. Et si ça ne marche pas, les services de sécurité, alertés, peuvent prendre le relais.

Bio Rafale se targuait, l’an passé, d’un taux de modélisations réussies de 80%, et se donnait pour objectif d’atteindre les 97% cette année. Ne restera plus qu’aux récalcitrants, soit à se déplacer en masse pour submerger les services de sécurité de fausses alertes, soit à en passer par la chirurgie esthétique.

Nicolas Sarkozy remaquilléEn attendant, 01Net précisait l’an passé que le système était en phase d’expérimentation au stade Gabriel-Monpied à Clermont-Ferrand ainsi qu’au Stade des Alpes de Grenoble, de l’être, pendant quatorze mois, au Parc des Princes, afin de croiser les visages vidéosurveillés des supporters aux fichiers de ces stades. Dans la demande d’expérimentation que Vesalis vient de faire à la CNIL, l’entreprise avance qu’elle se ferait sur la base du volontariat.

Le Pôle Emploi relayait, en décembre, une petite annonce de Vesalis qui cherchait des “figurants pour jouer le rôle de spectateurs dans le cadre d’une simulation d’un match de football au stade Gabriel Montpied le 16 janvier 2010“.

Brice Hortefeux remaquilléLe responsable de sécurité du stade Montpied, qui précise qu’il n’y a pas d’interdits de stade à Gabriel-Montpied, explique que “ça ne s’est pas fait parce que la société était obligée d’émettre un bulletin de salaires par figurants, et c’était trop compliqué : ça a été reporté pour passer par une société d’intérim qui facturera les salaires.”

À terme, et s’il fait ses preuves, Bio Rafale pourrait être déployé tout autant dans les stades, les gares, les aéroports que dans les galeries marchandes et les grands magasins. “Derrière, un gigantesque marché planétaire qui compte plus de 300 millions de caméras !“, précisait La Montagne, “en croissance de 40 % l’anrénchérissait de son côté Le Progrès.

Coût estimé ? Un euro par visage analysé. Le stade Gabriel-Montpied comporte plus de 10 000 places, celui de Grenoble plus de 20 000, le Parc des Princes près de 45 000… ce qui explique aussi probablement ce pourquoi 4,2 millions d’euros ont été investis en Auvergne pour développer Bio Rafale*.

Brice Hortefeux remaquilléComme le rappelle Jean-Marc Robin, président de Vesalis, dans le dossier de presse de Bio Rafale, « détecter LE criminel dans une foule revient à rechercher la proverbiale aiguille dans une botte de foin. Et qu’en (sic) ça « pique » ça peut faire vraiment très mal …» Reste à savoir si ça piquera un jour vraiment, quand, et qui…

Il faudra voir également si “tout se passe bien“, pour les 10 à 30% de gens identifiés à tort comme potentiellement hooligans/délinquants/criminels voire terroristes, mais néanmoins innocents. Certes, ils auront dû, entre-temps, prouver leur identité, expliquer qu’il y a probablement erreur sur la personne, voire démontrer leur innocence…

En moyenne, les stades des vingt clubs de 1ère division accueillent quelques 200 000 spectateurs les journées de championnat de Ligue 1, soit 20 à 60 000 supporters potentiellement identifiables, à tort.

Brice Hortefeux remaquilléFaisons fi des personnes identifiées à tort, et regardons donc combien de gens sont vraiment concernés par cette technologie. Fin avril, L’Équipe révélait que “654 interdictions de stade (514 administratives et 140 judiciaires) sont en cours, contre 311 au 1er février, selon l’Intérieur, qui note une ‘réduction très sensible du nombre d’incidents ces dernières semaines, suite aux mesures prises’“.

200 000 supporters vidéosurveillés pour 654 interdits de stade? C’est encore pire que ça : en 2007, le ministère de l’Intérieur expliquait que selon un rapport de l’Inspection Générale de l’Administration, “12% des personnes visées par cette obligation s’en sont affranchies sans motif“.

Autrement dit, le ministère de l’Intérieur veut développer une technologie de vidéosurveillance faciale censée reconnaître -avec une marge d’erreur de 10 à 30%- les visages de près de 200 000 supporters avec comme objectif de parvenir à identifier les 78 interdits de stade qui, contrairement à ce qui leur est imposé, doivent, au moment des matchs, pointer au commissariat, sous peine de voir son interdiction aggravée et d’être condamné à des amendes atteignant 3 750 €…

Ben Laden remaquilléOn notera enfin que le Fichier National des Interdits de Stades (FNIS), créé en 2007, comporte la photographie, l’identité, l’adresse des personnes touchées par une interdiction administrative (due au Préfet) ou judiciaire, ainsi que les données relatives à l’interdiction. Il peut aussi être étoffé par des fichiers d’organismes de coopération internationale et des services de polices étrangers, et la CNIL a donné son accord pour qu’il conserve les données pendant les cinq années suivant l’interdiction de stade.

Par contre, dans sa délibération, la CNIL prenait acte qu’il n’était pas prévu que ce fichier comporte de dispositif permettant la reconnaissance faciale à partir d’images numérisées…

Contacté, Jean-Marc Robin n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Illustrations : captures d’écran de “maquillages virtuels” effectués sur vesalis.fr, qui précise que “puisqu’une image “avant/après” a pouvoir de mille mots, nous vous invitons à expérimenter notre simulateur de mise en beauté temps réel de toute nouvelle génération”. Alors voilà, j’ai expérimenté.

* Le consortium Bio Rafale, piloté par Vesalis, réunit des laboratoires de recherches (Gipsa-lab/Dis à Grenoble, Lasméa à Clermont-Ferrand, Eurecom à Nice et Télécoms sud Paris), des partenaires industriels (IBM, Spie, Maya et Effidence), le Ministère de l’Intérieur et la Préfecture de Police de Paris.

Illustration CC Flickr par Sérgio Castrø

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Un recruteur aux méthodes de Big Brother http://owni.fr/2010/05/07/un-recruteur-big-brother/ http://owni.fr/2010/05/07/un-recruteur-big-brother/#comments Fri, 07 May 2010 09:23:40 +0000 Jean Marc Manach http://owni.fr/?p=14774

Pour fêter les dix ans des Big Brother Awards, la soucoupe a proposé à Jean-Marc Manach (Bug Brother sur LeMonde.fr, et manhack sur Twitter), l’un de ses organisateurs, de revenir un peu plus en détail sur certains des candidats nominés cette année. En l’espèce, le recruteur aux méthodes de Big Brother a été recalé de la compétition : c’eût été lui faire trop de publicité…

Ces questions ne sont pas issues du tristement célèbre test de personnalité de l’”église” de scientologie, mais d’un questionnaire envoyé par un recruteur à un chômeur qui lui avait écrit pour postuler. En 2009, une société française proposait aux recruteurs d’utiliser un détecteur de mensonges afin de les aider à identifier les bons éléments (ou plutôt les mauvais). Le “Test d’Analyse et d’Orientation” (TAO), dont sont issus les intertitres de cet article, est quant à lui en service depuis 1999.

Éprouvez-vous de grands sentiments de pitié à la vue de malheureux ? Connaissez-vous quelqu’un qui vous déteste ? Détestez-vous quelqu’un ? Est-ce que votre entourage vous considère comme dépensier ? Vous arrive-t-il de vous laisser aller à des “folies” dépassant votre budget ? Etes-vous en bons termes avec votre famille ? Vous considérez-vous comme susceptible concernant certains aspects de votre vie ?

Le cabinet RI3E Consultant, aujourd’hui fermé, se donnait pour rôlede trouver le candidat qui doit être en parfaite osmose avec l’entreprise et le poste à pouvoir : le potentiel humain est aujourd’hui l’atout majeur dans le défi économique imposé à l’entreprise : nous sommes avant tout des conseillers de l’entreprise avec laquelle nous instaurons de réelles relations de confiance“.

Etes-vous irrité par le bruit que peuvent faire des enfants, des voitures, des rires ? Avez-vous un ou des animaux ? Vous arrive-t-il de vous mettre en colère ? Regrettez-vous parfois des choses que vous avez faites ? Vous reproche-t-on d’être trop bavard(e) ? Avez-vous l’impression que l’on abuse de votre gentillesse ? Vous rongez-vous les ongles ? Vous endormez-vous fréquemment devant la télévision ?

Pour cela, RI3E Consultants a conçu toute une méthodologie, basée sur un diagnostic informatique qui permet d’établir “la définition du profil général du candidat, la personnalité et le type de comportement que doit avoir le candidat pour s’intégrer à l’entreprise“, et même la “société concurrente le candidat doit être issu

“.

Pouvez-vous écouter quelqu’un parler pendant longtemps sans que cela vous gêne ou vous agace ? Seriez-vous plutôt intransigeant qu’indulgent avec des subordonnés ? Acceptez-vous facilement l’autorité d’un supérieur ? Acceptez-vous facilement les ordres ? Affirmez-vous toujours vos convictions même contre l’avis de tous ? Contestez-vous un ordre venant d’un supérieur, si vous pensez qu’il est illogique ou contraire à la bonne marche de l’entreprise ?

En terme de management, RI3E Consultants rappelle que “l’entreprise n’a qu’une seule et véritable ressource : Ses Hommes“, et souligne dès lors que “l’adhésion de tous les collaborateurs de l’entreprise dépend donc étroitement de l’aptitude des managers à pratiquer sur eux une influence positive et constructive“.

Aimez-vous vous lever tôt le matin ? Si l’on aime son travail, peut-on se passer de vacances ? Vivez-vous facilement les situations stressantes ? Pensez-vous que la vérité est toujours bonne à dire ? Vous arrive-t-il de tricher pour ne pas perdre ? Pour atteindre vos buts, utilisez-vous tous les moyens disponibles ?

Le coaching fait bien évidemment partie du portefeuile de compétences de RI3E Consultants, qui tient à préciser que “l’action de l’accompagnateur est de poser les questions qui permettront à l’accompagné d’identifier ses propres contradictions et de les solutionner. Il ne s’agit pas d’anticiper sur les actions de l’accompagné pour lui fournir des solutions : tout est mis en œuvre pour lui permettre de trouver et de développer ses propres réponses.

Etes-vous quelqu’un que l’on apprécie ? Avez-vous peur d’être mal jugé ? Vous arrive-t-il de faire des erreurs ? Vous remettez-vous parfois en question ? D’une manière générale, faites-vous confiance aux autres ? Etes-vous actuellement en relation avec une personne qui vous dénigre ? Pensez-vous que les relations professionnelles puissent devenir des relations amicales ?

“Les gens sont libres de répondre, ou pas”

Jean-Marc Lainé a créé le “Test d’Analyse et d’Orientation” (TAO) fin 1999, “lorsque le métier de recruteur vivait sa meilleure époque de succès et était très sollicité. Les recrutements s’enchainaient et se devaient donc (d’être) efficaces. Celui-ci m’a permis de créer des sélections rapides à des fins de métiers orientés à la communication“.

Contacté par e-mail, Jean-Marc Lainé, qui se présente aujourd’hui sous l’intitulé “RH Sélection“, a bien voulu répondre à quelques questions :

En quoi ces questions, qui relèvent moins des compétences professionnelles que de la vie privée, vous permettent-elles de répondre aux demandes des employeurs ?

Jean Marc Lainé : “il est important que vous sachiez que les personnes sont libres de répondre ou pas. Le TAO n’est pas un outil de sélection à proprement dit, c’est une passerelle entre le CV, la lettre de motivation et le candidat lors du premier entretien téléphonique : une analyse de test ne peut jamais être ferme et définitive car le facteur repose sur l’état émotionnel de la personne au moment du test”.

Pour information, ce ne sont pas les réponses aux questions qui sont analysées. Après saisies des réponses, le résultat obtenu apparait sur une seule et même page sous forme de ratio et de graphiques répondant aux critères ci-dessous :

> Personnalité : introvertie ou extravertie.

> Sens de l’écoute (écoute active ou entendre)

> Communication (verbale et non-verbale)

> Rigueur (fibre commerciale, organisation dans le travail, l’autonomie dans le travail, l’esprit d’équipe dans le travail, la responsabilité, stabilité et le passage à l’action)

Comment réagissent ceux à qui vous faites parvenir ce questionnaire, et qu’en disent vos clients, employeurs ?

Jean Marc Lainé : Sincèrement, les personnes qui effectuent et réalisent le questionnaire sont très souvent agréablement surprises de l’aide apportée quant à l’orientation. Quant à mes clients, ils sont satisfaits des résultats obtenus lors de recrutement dans lesquels cette « passerelle » joue un rôle. De plus, seuls les candidats en phase de sélection les préoccupent et je ne communique en aucun cas les résultats du test. Au fil du temps, j’ai pu constater que grâce à l’ensemble de ma méthodologie, une synergie et une dynamique naissait entre mon client et le candidat recruté.

Un questionnaire illégal

Le chômeur qui m’a transmis le questionnaire n’est pas tout à fait du même avis : “J’ai déjà eu en entretien des questions déplacées, vulgaires, stupides, mais là c’est le champion du monde ! Car si les choses démarrent ainsi, le recrutement, s’il existe vraiment, part sur de mauvaises bases. J’ai signalé ce fait au Pôle emploi, à mon interlocuteur qui “me piste” chaque mois, car il me semble qu’il y a aussi à leur niveau une “obligation” de vérifier, ou du moins être attentif au sérieux de leur interlocuteur-entreprise. Mais je n’ai reçu aucune réponse.

Etes-vous pour la peine de mort ? Pensez-vous qu’il faille calmer les enfants hyperactifs ? Pensez-vous que les lois soient trop laxistes ? Pensez-vous que la France soit un pays privilégié en ce qui concerne la protection sociale ? Pensez-vous que d’une manière générale, les artistes ne sont pas des gens sérieux ? Pensez-vous qu’une guerre ferait repartir l’économie ? Pensez-vous que l’on cache beaucoup de choses aux gens ? Pensez-vous que les journalistes sont en général libres et objectifs dans leurs articles ?

Dans sa fiche pratique consacrée aux données qui peuvent (ou pas) être collectées à l’occasion d’un recrutement, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), rappelle, de son côté, que “les informations demandées sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ont pour finalité d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé. Elles doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles du candidat” :

Il est interdit de collecter et de conserver des données personnelles qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou les appartenances syndicales, les informations relatives à la santé ou à la vie sexuelle des personnes. L’accord exprès exigé par la loi qui doit être recueilli par écrit ne saurait, à lui seul, justifier la collecte de telles données si ces dernières sont dépourvues de lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé. Aussi de telles informations ne peuvent-elles être collectées que, dans certains cas, lorsqu’elles sont dûment justifiées par la spécificité du poste à pourvoir.

A compétence égale, qui représente 800 professionnels du recrutement, s’est ainsi engagé à lutter contre la discrimination, pour l’égalité des chances, invitant les recruteurs à ne pas consulter les profils Facebook, blogs et autres données relatives à la vie privée de celles et ceux qu’ils s’apprêtent à recruter. Une initiative à souligner.

Les intertitres sont donc issus du TAO. L’illustration, de l’album Les policiers – tome 3, de Jean-Marc Lainé, éditeur de comics, traducteur, conférencier et scénariste de BD, qui n’a rien à voir avec Jean-Marc Lainé recruteur… mais l’illustration était trop tentante pour être écartée. Voir aussi :

800 000 salariés et chômeurs passés au détecteur de mensonge

Futurs fonctionnaires, ou potentiels terroristes ?

Vos photos sont-elles pédo-pornographiques ?

EDVIGE servira à recruter… et licencier

Recruteurs, ou Big Brother ?

Illustration CC Flickr Thomas Hawk

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